Wednesday, July 28, 2010

La tempete parfaite

Tout a commencé avec un tour organisé... et s’est terminé avec un histoire incroyable. Trois jours après que tout ce soit passé, une des filles de notre groupe a dit : « Qu’obtiens-tu quand tu mets ensemble 3 Hollandais, 2 Canadiens , une Française et un Israélien? De la malchance!!! »

Le « Salar de Uyuni »

Un des endroits que j’avais le plus hâte de voir était le désert de sel de Uyuni : un vaste désert de sel en Bolivie où on peut prendre des photos folles, où l’on peut voir des lacs merveilleux, des volcans, des flammands roses et une multitudes d’îles à l’intérieur d’un tour typique de 3-4 jours. J’ai choisi un tour de 3 jours puisque je conduisais depuis plusieurs jours presque sans arrêt et que de me retrouver dans le désert sans GPS... Donc j’ai choisi la vie facile pour une fois et j’ai décidé de me laisser conduire!!

Et c’est là que le plaisir a commencé!!!

Peut-être que c’était le fait que le gars de l’agence m’a dit le matin même du départ, qu’il n’y avait pas d’essence pour le Landcruiser pour commencer le tour. Ou peut-être que c’était lorsqu’il on décidé de changer de Landcruiser parce qu’il y avait un problème avec celui du début, et qu’en voyant arriver le deuxième, il faisait déjà des sons pas très rassurants et il brassait de partout. Et définitivement que j’aurais dù être confiant alors que la nuit précédant le départ il y avait des vents assourdissants et plus d’électricité dans la ville. Ainsi, rendu là, quelque chose aurait du me mettre la puce à l’oreille, et me faire magasiner un peu plus pour mon excursion...

Mais à ce moment là, lorsque j’ai rencontré les gens qui étaient sur le même tour que moi, et qui allait former le « meilleur groupe de tour organisé de tous les temps », je n’avais aucun souci, j’allais passer 3 jours et 2 nuits dans le désert pour voir de merveilleux paysages et pour dormir dans un hôtel de sel!!

Alors nous sommes partis, moi, Nicky, Celine, Maida, Hans, Eran, Lucie et le guide, maintenant légendaire, HECTOR pour aller à la rencontre de la tempête parfaite!!! De dire que c’était venteux serait peu dire. Pour vous donner une idée, lorsque nous sommes arrêtés pour prendre des photos de petits monticules de sel, le vent était si intense que, puisque je portais des shorts, le sel a ravagé le derrière de mes jambes et m’a fait une multitudes de coupures que je suis encore en train de soigner après une semaine. Lorsque nous sommes arrêtés à l’ile des cactus, le vent était si fort que nous devions le combattre intensément afin d’arriver à monter la petite colline. Alors vous avez compris, IL VENTAIT FORT!!!

Mais tout de même, une belle chimie s’installait dans le groupe puisque nous commençions à se connaitre l’un l’autre et on avait beaucoup de plaisir. Plus tard cette soirée là, le groupe s’est rapproché, en jouant aux cartes autour d’une bouteille de rum, en mangeant et en appréciant notre nuit dans un hôtel de sel. A ce moment-là, nous en étions déjà rendu à rire du camion qui arrêtait de fonctionner à toutes les deux minutes et qui avait peine à redémarrer, obligeant HECTOR à sortir du véhicule, à ouvrir le capot de l’auto et à aspirer l’essence par un tuyau afin de l’injecter quelque part et de faire redémarrer le camion.

Et là arriva LE jour de tous les jours du tour... Tout a commencé vers midi, à ce moment nous avions quitté le désert de sel pour se rendre dans le désert de sable, et le vent n'avait toujours pas arrêté. Le sable se levait, le vent se levait et le sable devenait de plus en plus dense jusqu'à ce qu'on ne voit plus 3pieds devant le camion et que nous ne trouvions plus la route à suivre... et là nous avons arrêté. Je ne me suis jamais retrouvé dans une tempête de sable, alors je ne peux que comparer avec une énorme tempête de neige. Alors imaginez ceci, conduire dans un champ ouvert, sans route ou sentier à suivre, et soudainement le vent se lève et souffle de la neige partout. il neige tellement fort que tu ne vois pas devant toi. Tu ne vois que de la neige et tu n'entends que le vent. tu ne vois pas de repère de route ou quoi que ce soit pour t'aider à t'orienter. Maintenant échange la neige pour du sable, de petits grains de sable fin, qui ne fondent pas... mais s'accumulent... et en plus tu es dans le pire Landcruiser qui existe, plein de trous qui laissent entrer le sable, pas juste un peu, énormément!!!

Alors nous sommes là, aucune visibilité, nulle part où aller, du sable qui entre sans cesse par les craques dans les portes et les fenêtres du véhicule... et nous rions toujours et nous faisons des blagues, une blague n'attend pas l'autre, on s'amuse, mais on ne se rend probablement pas compte de la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Après un moment, une décision devait être prise et une action, entreprise, rapidement. Alors HECTOR nous donna deux options: nous continuons, ce qui serait très dangereux et naïf, ou tenter de revenir sur nos pas ce qui voulait dire que nous manquerions les lacs, les volcans et toute la 3e journée...

Alors nous avons choisi la deuxième option... mais nous n'avions aucune façon de retrouver notre chemin. Alors HECTOR m'a demandé de conduire le camion pour le suivre pendant qu'il marchait dehors, devant le camion, dans la tempête, pour tenter de trouver la route. Alors c'est ce que nous avons fait... tout alla bien pendant 5 minutes, jusqu'à ce que je ne donne pas assez d'essence et que le moteur coupe. Maintenant... vous vous souvenez le processus d'aspirer l'essence par un petit tuyau pour partir le moteur? HECTOR dû le faire au beau milieu de la tempête alors que moi et Hans tenions le capot de la voiture pour qu'il ne parte pas au vent. À ce moment, une autre décision fut prise, moi et Hans marcheraient dehors pour trouver une voie à prendre pendant qu'HECTOR conduirait. Le sable me coupait la figure, je ne pouvais pas respirer, le son du vent était assourdissant et nous n'avions aucune façon de trouver le chemin. Mais nous avons réussi, après 4 heures pris au milieu de nulle part, à s'en sortir. Comment? Je n'en sais rien, mais nous l'avons fait. De retour à l'auberge, un des guide nous a avoué n'avoir jamais rien vu de tel en 17 ans de métier. Plus tard en ville, quelqu'un nous a dit qu'il s'agissait de la pire tempête dans l'histoire de la Bolivie... et nous l'avons survécue!!!!!

Je dois dire qu'à un certain moment donné, après 3 heures dans la tempête, j'ai dit (ou c'est peut-être quelqu'un d'autre qui l'a dit, mais j'y pensais définitivement) "Ok, ce n'est plus amusant, je commence à m'inquièter un peu." Mais ce qui a rendu la situation vivable ce sont les gens avec qui j'étais. Personne n'a paniqué (ce qui aurait été facile à faire), personne ne s'est plain, et tout le monde a donné un coup de main lorsqu'il le pouvait, par des idées, mais surtout avec des blagues pour détendre l'atmosphère et pour rire un peu... Mais ce qui nous a rendu la situation encore plus viable fut HECTOR le guide, et ce, pour les raisons suivantes:

1. Hector conduisait sur la grande étendue de sable et soudainement ouvrait sa porte (alors qu'il conduisait toujours) pour voir si ses roues tenaient encore... et ensuite demandait à Hans de faire de même de son côté.

2. Alors qu'il conduisait, il se tournait vers nous et tenait de longues conversations complète, sans jamais regarder en avant à la route... pour de très longue période.

3. En sortant de la tempête, j'ai entendu une des filles de l'auto pousser un petit cri. Losque j'ai levé la tête, je ne voyais rien devant nous. Je pensais qu'il s'agissait de la tempête et du sable qui brouillait encore notre vision, mais il s'agissait en fait du capot de l'auto qui venait de s'ouvrir et Hector qui n'avait aucun souci, continuais sa route sans rien voir devant lui avec le capot ouvert!!!!

4. Alors qu'il réalisait que nous étions définitivement pris dans la tempête, Hector tenait le volant et riait, riait, riait!!!!

5. Hector qui nous dit qu'il vient nous chercher dans 45 minutes, après que nous ayons terminé de prendre des photos dans le désert de sel et qu'une fois les 45 minutes écoulées... nous ne le trouvons plus!!! Nous l'avons finalement trouvé dans une des hutes sur l'ile, après s'être promenés en criant son nom... Il prennait un verre avec un ami... !!!

6. Hector devait sortir du véhicule pour aspirer l'essence pour partir le moteur.... plusieurs fois par jour!!!

7. Hector qui réalise que son miroir de côté est tombé!

Ok c'est tout!!!!! Au plaisir, je reviens le 24 aout...

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